« Hansestadt Stade » figure sur les panneaux, les en-têtes et les bus. Cette mention est plus récente qu’on ne le croit : la ville n’a pu la reprendre qu’en 2009, après plus de 400 ans. Stade porte par ailleurs des armes attestées depuis le XIIIe siècle et entretient des jumelages avec la Suède, Israël et la Pologne.
Ce que signifie le nom de Stade
Le nom de la ville est plus ancien que tout document. « Stath » en vieux saxon et « stade » en moyen bas allemand désignaient la rive, la côte ou le port — le plus souvent l’embouchure d’un petit affluent. Le mot appartient à la famille de « stehen » et « stellen » et survit dans l’allemand désuet « Gestade ». En bas allemand, la ville s’appelle encore « Stood ».
Le retour du titre hanséatique
Stade fut membre de la Hanse au Moyen Âge, mais en fut définitivement exclue en 1601 — « déshanséatisée », disait-on alors — pour avoir accueilli des drapiers anglais. La ville participa néanmoins, dès les années 1980, à la Hanse des temps modernes, association volontaire d’anciennes villes hanséatiques.
À partir de 2005, elle demanda au ministère de l’Intérieur de Basse-Saxe l’autorisation de reprendre officiellement le titre — explicitement pour des raisons de marketing urbain et de tourisme. La demande fut renouvelée jusqu’à ce qu’elle aboutisse : depuis avril 2009, Stade peut de nouveau s’appeler ville hanséatique, « en raison de son caractère de ville portuaire maritime ». Le ministre-président Christian Wulff remit le document le 29 avril 2009, en pleine célébration des 800 ans du droit de cité.

Stade s’inscrit ainsi dans une longue liste : jusqu’en 1990, seules Lübeck, Brême et Hambourg portaient officiellement ce qualificatif ; depuis, de nombreuses villes l’ont obtenu à nouveau. Au moins 27 villes allemandes l’utilisent aujourd’hui comme complément de nom, chacune l’inscrivant dans ses statuts. Rien d’automatique : le titre ne vaut que pour les villes auxquelles il a été accordé, quelle qu’ait été leur importance dans la Hanse historique.
Clef et griffons : les armoiries
Les armes de Stade portent, sur champ d’azur, une clef d’argent dressée, panneton tourné à dextre. C’est la clef de saint Pierre des archevêques de Brême — souvenir de l’époque où la ville relevait de l’archevêché. De part et d’autre, l’écu est tenu par un griffon d’argent à crinière et ailes d’or, la langue de gueules. En dessous court une banderole aux lettres S.P.Q.ST. — « Senatus Populusque Stadensis », le conseil et le peuple de Stade, sur le modèle du SPQR romain.

L’écu à la clef est attesté par des monnaies dès le XIIIe siècle. Les deux griffons et la banderole ne furent ajoutés qu’au XIXe. En regardant bien, on retrouve ces armes notamment au portail de l’ancien hôtel de ville, dans la Hökerstraße.
Trois villes jumelles
Le plus ancien jumelage encore actif relie Stade, depuis 1983, à Karlshamn, dans le sud de la Suède — une relation qui renoue avec la période suédoise de la ville. Depuis 1970 déjà, Stade organise à intervalles irréguliers une « semaine suédoise ».
Le 16 juillet 1987 s’y ajouta Givat Shmuel, en Israël, une ville proche de Tel-Aviv fondée en 1942 par des immigrants roumains. Un échange de jeunes s’y déroule régulièrement. La troisième partenaire, depuis le 24 mars 1998, est Gołdap, dans le nord-est de la Pologne, en ancienne Prusse-Orientale, près de la frontière de l’oblast de Kaliningrad. Là aussi ont lieu des échanges de jeunes, complétés par des échanges entre groupes professionnels — un lien que, malgré les nombreux Polonais installés à Stade, presque personne ne remarque au quotidien.
Les quatre confréries
Parmi les particularités de Stade figurent enfin quatre confréries historiques toujours vivantes. Trois d’entre elles naquirent à la fin du Moyen Âge comme communautés de prière : la confrérie Saint-Pancrace de 1414, la confrérie Saint-Antoine de 1439 et la confrérie du Rosaire et du Secours divin de 1482. La plus jeune, la confrérie des marchands et des bateliers, fut fondée en 1556 par des passeurs et des négociants en grains ; au XVIIe siècle, ses membres collectèrent de l’argent pour racheter des marins retenus captifs en Turquie.
Toutes quatre se conçoivent comme des communautés d’entraide et soutiennent les personnes tombées dans le besoin sans faute de leur part. Elles stagnèrent au XVIIIe siècle, connurent leur apogée dans la seconde moitié du XIXe — et restent actives dans l’aide sociale et le soutien à la culture.



