Altländer Bauernhaus im Freilichtmuseum auf der Insel
Photo: Raboe001 · CC BY-SA 3.0 de
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Le bas allemand à Stade : pourquoi la ville s'appelle Stood

Le platt n'est pas un allemand relâché mais une langue à part entière — et le triangle Elbe-Weser est l'une des régions où elle se maintient le mieux.

Si à Stade vous entendez, à la caisse, au marché hebdomadaire ou par-dessus la haie, des phrases qui sonnent comme de l'allemand sans être compréhensibles, vous avez sans doute entendu du platt. En bas allemand, Stade se dit Stood, l'Altes Land se dit Olland et Jork se dit Jörk. Dans le Nord, cette langue est plus ancienne que l'allemand standard : ce n'est pas une prononciation négligée, mais une branche propre du germanique occidental.

Langue ou dialecte ?

Le plattdüütsch — platt en abrégé, bas allemand ou bas saxon dans la littérature scientifique — n'a pas connu la seconde mutation consonantique, celle dont est issu le haut allemand du Sud. Historiquement, il se situe donc à côté du néerlandais, du frison et de l'anglais, et non sous l'allemand. Au niveau international, il possède son propre code de langue : nds.

Faut-il parler de langue ou de dialecte ? La question reste débattue ; le principal argument contraire est qu'il n'existe plus, depuis le XVIe siècle, de langue écrite bas allemande supra-régionale. Politiquement, l'affaire est tranchée : depuis 1999, le bas allemand est protégé en Allemagne par la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Huit Länder l'ont signée, dont la Basse-Saxe.

Stood, Olland, Hornborg : le platt figure sur la carte

Beaucoup de localités des environs ont une forme de nom en bas allemand toujours employée : Stade est Stood, Jork est Jörk, Horneburg est Hornborg, Freiburg sur l'Elbe est Fryborg, Krummendeich est Krummendiek. L'Altes Land en a une lui aussi : Olland, « le vieux pays » — à l'origine par opposition aux terres nouvellement gagnées, un écho de la colonisation néerlandaise entre 1130 et 1230.

Dans l'arboriculture, le platt survit dans le vocabulaire technique. Les étourneaux qui s'abattent au début de l'été sur les cerises mûres s'appellent ici Spreen ; le « Spreenhüten », la garde des vergers à la crécelle, à la voix puis au moyen de petits moulins bruyants, fut pendant des générations un travail à part entière.

Apfelplantage im Alten Land
Apfelplantage im Alten Land — Photo: Muns · CC BY 3.0

Pourquoi le platt s'est maintenu précisément ici

Jusqu'au XVIe siècle, le moyen bas allemand fut la langue écrite de la Hanse — celle dans laquelle les marchands rédigeaient leurs contrats de Novgorod à Bruges, et qui a laissé des centaines de mots aux langues scandinaves. Stade vivait de ce commerce ; ni l'histoire de son droit de cité ni son port hanséatique ne s'expliquent sans lui.

Avec le déclin de la Hanse, les villes du nord de l'Allemagne et leurs chancelleries passèrent au haut allemand ; l'école, l'administration puis les médias de masse suivirent. Depuis les années 1960, le nombre de locuteurs actifs recule fortement. Le platt s'est maintenu surtout près de la côte, comme langue de la proximité, de la famille et du voisinage : en Frise orientale, dans le Dithmarschen et dans le triangle Elbe-Weser, c'est-à-dire précisément ici.

Deele, Flett et Ulenlock

Qui visite le musée de plein air sur l'île se promène au milieu de mots bas allemands. La grande porte du pignon d'une maison-halle s'appelle Grote Dör ; derrière commence la Deele, la halle de travail de la ferme, où l'on battait le grain, teillait le lin, célébrait les fêtes et veillait les morts. Au fond se trouvait le Flett, la cuisine ouverte avec le foyer au milieu de la pièce — le mot vient du moyen bas allemand vlet, « sol ». La fumée s'échappait par une ouverture du pignon, l'Ulenlock, le « trou de la chouette ».

Un programme de théâtre porte même ce plan dans son nom : « Theater auf dem Flett » est la scène bas allemande que le Landschaftsverband Stade fait tourner dans les maisons du patrimoine du triangle Elbe-Weser.

Combien de personnes le parlent encore ?

Il n'existe pas de chiffres exacts, car la compétence linguistique ne se mesure que par auto-évaluation dans des enquêtes. Pour 2009, l'Institut de la langue bas allemande avançait environ 2,6 millions de personnes en Allemagne du Nord — 14 pour cent — parlant bien ou très bien le platt ; 20 et quelques pour cent le parlent moyennement, et environ trois quarts des habitants de l'aire linguistique le comprennent. À titre de comparaison : une enquête de 1984 comptait encore quelque huit millions de locuteurs.

À Hambourg, dans le Schleswig-Holstein et en Mecklembourg-Poméranie, le bas allemand est une matière scolaire optionnelle ; en Basse-Saxe, il est intégré à d'autres cours. Depuis 2017, il est reconnu par la conférence des ministres de l'éducation comme épreuve orale et écrite de l'Abitur.

Où entendre et apprendre le platt

Le Landschaftsverband Stade s'engage de longue date pour cette langue : il propose des ateliers de théâtre pour adultes et pour jeunes — le groupe « Wellenbreker » joue surtout sur les scènes scolaires — puis fait tourner les pièces dans les maisons du patrimoine de la région. À l'échelle nationale, l'Institut de la langue bas allemande à Brême rassemble tout ce qui paraît en platt : sa bibliothèque de consultation compte plus de 45 000 documents. On lui doit aussi la plateforme d'apprentissage Plattolio, le concours de groupes Plattsounds, une archive sonore et une carte en bas allemand où l'on peut écouter la prononciation des noms de lieux. Deux fois par semaine, la radio diffuse les informations en platt.

Et pour qui veut l'écrire : en Basse-Saxe, l'orthographe fixée par Johannes Saß et son dictionnaire du bas saxon septentrional font autorité. Le début est plus simple qu'il n'y paraît — le pluriel a une seule forme pour toutes les personnes : wi maket, ji maket, se maket, « nous faisons, vous faites, ils font ».

Galerie

Altländer Bauernhaus bei Jork
Altländer Bauernhaus bei Jork — Photo: JoachimKohler-HB · CC BY-SA 4.0
Die Hökerstraße, Einkaufsstraße der Altstadt
Die Hökerstraße, Einkaufsstraße der Altstadt — Photo: Clemensfranz · CC BY-SA 4.0

Sources

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