Dächer der Altstadt mit St. Cosmae
Photo: Walter Rademacher · CC BY-SA 3.0
Blog de la ville
Histoire ·

Stade au XXe siècle — de la ville de garnison à la ville industrielle

Réforme territoriale, années nazies, occupation britannique, Bundeswehr et grande industrie : comment Stade s’est transformée de fond en comble entre 1932 et 1972.

Le XXe siècle a remodelé Stade plus profondément que les siècles précédents. D’une ville d’administration et de garnison, elle est devenue en 1972 une ville industrielle au bord de l’Elbe, nettement plus vaste et plus peuplée. Tour d’horizon des grandes étapes — sobrement, d’après les faits publiquement documentés.

Point de départ : le siège de l’administration

Depuis le XIXe siècle, Stade était le siège de la Landdrostei, puis du district de Stade, d’abord sous administration prussienne et, à partir de 1946, de Basse-Saxe. Ce district recouvrait pour l’essentiel les anciens duchés de Brême et de Verden. Les administrations et la garnison marquèrent la vie locale des décennies durant — jusque dans les années 1970, Stade fut avant tout une ville de fonctionnaires et de soldats.

L’arrondissement actuel est lui aussi un produit du XXe siècle : lors de la réforme prussienne du 1er octobre 1932, l’ancien arrondissement de Stade, celui de Kehdingen et la partie occidentale de celui de Jork furent fusionnés en un nouvel arrondissement de Stade. La ville elle-même avait déjà annexé Brunshausen et Stadersand en 1924 ; suivirent notamment Campe (1926) et Barge (1935).

Luftbild der Stader Innenstadt
Luftbild der Stader Innenstadt — Photo: Horneburg 21640 · CC BY-SA 4.0

Les années du national-socialisme

Après les élections municipales de 1933, le NSDAP prit le pouvoir dans la ville avec près de 41 % des voix. Des responsables du SPD furent arrêtés, le KPD interdit, et en 1935 entra en vigueur le code communal allemand. Les lois de Nuremberg s’appliquèrent aussi à Stade ; les habitants juifs les plus jeunes avaient souvent quitté la ville dès 1935, et la persécution frappa ensuite surtout les personnes âgées. À partir de 1935, des Témoins de Jéhovah et des Sintis furent également déportés. Au moins 18 personnes de Stade furent assassinées dans les camps de concentration et d’extermination.

Le 1er janvier 1934 fut institué, pour le ressort judiciaire de Stade, un « tribunal de santé héréditaire ». Jusqu’en 1939, il ordonna 951 stérilisations forcées, dont une partie fut pratiquée à l’hôpital municipal. Les premières déportations de personnes juives de la région commencèrent fin 1941, vers Theresienstadt, Riga et Minsk. Après le début de la guerre, des prisonniers polonais et soviétiques furent astreints au travail forcé dans l’arrondissement ; à partir de 1943, les nourrissons des travailleuses forcées furent placés dans des foyers séparés, où 65 enfants moururent de malnutrition et de négligence.

Le cimetière juif, utilisé depuis 1824, ne fut plus entretenu après 1940 et fut vidé la même année par les autorités ; seules trois pierres tombales restèrent en place. Des stèles Am Sande et des Stolpersteine dans la ville rappellent aujourd’hui les victimes.

1945 et l’après-guerre

Le noyau historique traversa la guerre pratiquement intact. Après 1945, Stade se trouva en zone d’occupation britannique et, avec la création du Land de Basse-Saxe en 1946, le district prussien devint district de Basse-Saxe. La ville conserva ce statut jusqu’à la réforme de 1978, quand le district de Stade fut absorbé par celui, agrandi, de Lunebourg.

Le militaire resta un facteur : l’aérodrome de Stade-Agathenburg, aménagé dans les années 1930, retrouva un usage militaire à partir de 1956 et fut rebaptisé caserne Von Goeben en 1966. Le site ne ferma qu’en 1994. Sur l’ancien terrain de la caserne naquit, à partir de la fin des années 1990, le nouveau quartier d’Ottenbeck, avec logements et entreprises. Une autre date est restée dans les mémoires : le 7 mai 1962, un chasseur-bombardier belge s’abîma dans la Schwinge, près de la cité de l’aérodrome. Le pilote éloigna encore l’appareil de la zone habitée et déclencha de ce fait trop tard son siège éjectable ; il perdit la vie.

Die Seminarturnhalle, älteste erhaltene Turnhalle Deutschlands
L’ancien gymnase du séminaire sert aujourd’hui de lieu culturel pour le théâtre, la musique et les lectures — Photo: hh oldman · CC BY 3.0

1972 : industrie et réforme territoriale

La véritable rupture vint au début des années 1970. À la fin des années 1960 fut prise la décision d’implanter la grande industrie au bord de l’Elbe, à Bützfleth. En 1972, la centrale nucléaire de Stade entra en service, le port maritime ouvrit la même année, et une usine chimique et une usine d’aluminium virent le jour. Ainsi prit fin l’époque où l’administration et la garnison déterminaient seules la vie sociale.

En parallèle, la réforme territoriale de Basse-Saxe réorganisa les communes : le 1er juillet 1972, Bützfleth, Haddorf, Hagen, Schölisch et Wiepenkathen furent rattachés à la ville de Stade. Celle-ci gagna ainsi beaucoup en superficie et en population ; le nombre d’habitants se situe aujourd’hui entre 40 000 et 50 000, ce que reflète notamment la taille du conseil municipal, avec ses 40 membres.

Un petit écho

Que la ville ait servi à plusieurs reprises, de 1978 à 1981, de décor à la série télévisée « Kümo Henriette » — avec des scènes au port hanséatique et devant l’ancien hôtel de ville — montre que le centre historique a survécu à ces bouleversements. Qui traverse aujourd’hui la vieille ville voit le résultat de ce siècle : un noyau ancien préservé, entouré d’une ville qui a plusieurs fois décuplé sa taille au XXe siècle.

Sources

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